* Dans ma bibliothèque : La tyrannie de la réalité

« C’est comme ça, on ne peut rien y faire ! »

« Faut être réaliste ! »

« Faut voir la réalité en face ! »

Blablabla et Gnagnagna !

Vous avez sûrement entendu ça cent fois, mille fois. Peut-être même avez-vous été élevé(e) dans ces tristes rengaines, tristement serinées par vos parents, vos grands-parents, les adultes qui vous entouraient – « pour votre bien », n’est-ce pas. C’est mon cas, et je sais à quel point ça vous engrisaille et vous paralyse pour longtemps – mais pas pour toujours !

Et c’est pour cela que j’ai aimé La tyrannie de la réalité, un essai de Mona Chollet qui développe une réflexion non seulement sur notre rapport à la réalité, ou plutôt sur les rapports qu’on peut entretenir avec elle, rapports subis et induits ou dictés par l’idéologie ambiante et dominante, par l’éducation, les conditionnements et les vieux réflexes, ou choisis et réinventés par nous-mêmes, mais aussi sur la définition même du concept de « réalité ».

Elle fait d’abord l’éloge du Rêveur, comme un être qui n’est pas enfermé dans « la réalité », ni dans le rêve d’ailleurs, mais qui voyage de l’un à l’autre, qui sait habiter au sens plein et fort du terme – habiter son être, le rêve et le réel – et surtout qui sait à quel point l’imaginaire est fécond et puissant, et peut colorer, nuancer, façonner la réalité.

Surtout, Mona Chollet rappelle que « la réalité » est souvent une vision bornée et étriquée du réel, un épouvantail grimaçant brandi par toutes sortes de personnages de plus ou moins mauvais augure pour nous inciter à la soumission, à la résignation et au status quo, à ne pas prendre de risque ni faire d’effort pour essayer de changer quelque chose. Selon cette désolante vision, « la réalité » est une chose figée, intangible et inchangeable, inerte même, et séparée de nous, un objet en quelque sorte, et plus elle est sombre et terne, plus elle est « vraie » !

Or c’est tout le contraire ! La réalité, c’est un réseaux de relations qui ne cessent – et le réseau, et les relations – de se reconfigurer, qui se tissent, se détissent et se retissent au gré de nos actes et de nos gestes, et même de nos mots. Elle n’est pas séparée de nous : nous y sommes immergé(e)s, nous en faisons partie, et elle est malléable. Donc nous avons du pouvoir sur elle : nous pouvons la transformer, la modeler, l’influencer …

Si cette réflexion m’inspire et m’enthousiasme tant, c’est parce qu’elle est source d’émancipation et de transformation : elle nous rend un pouvoir, celui d’agir, et sur nous-mêmes et sur le monde. J’y lis une révolte que je partage contre « la réalité » et la vision rationaliste, prétendument « rationnelle » de la vie qu’on veut nous faire avaler – nos dirigeants, les technocrates en tout genre, les « élites » – et qui est à mes yeux d’une pauvreté désolante – et impossible à digérer !

En plus, c’est exactement ce que je vous propose dans mes ateliers d’écriture et dans l’aventure « En quête de soi » : se plonger dans l’imaginaire, se laisser transporter, éveiller, façonner … par les histoires, pour ensuite façonner notre réalité d’une façon qui nous convienne, nous ressemble, nous fiche la joie au cœur – et je crois, je sais ! que c’est puissant et urgent, de plus en plus urgent.

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